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L'Image de la graphologie

Copyright 1999 Nigel Bradley

This article is also in English


Introduction

Aux alentours de 1871, Michon a proposé le mot "la graphologie" comme un "label" (une marque de commerce) pour un sujet d'étude qui avait été documenté d'aussi loin que 1622. Le mot a été accepté sur le plan international, de la même façon qu'une marque de commerce est connue internationnalement. Dans le monde des affaires d'aujourd'hui, l'image de marque des produits et des compagnies est mesurée régulièrement. Toute faiblesse est identifiée et des mesures sont prises pour la corriger. Cet article décrit une enquête qui a adopté les méthodes contemporaines de mesure de l'image. Elle a été menée pour évaluer comment la graphologie est perçue.

Préliminaires

Pour expliquer l'importance de l'image dans le contexte de la graphologie, il est utile de se servir de la littérature traitant du marketing des marques de commerce. Kother (1999: 255-6) nous en donne une description adéquate.

En décidant s'il utilisera ou non l'analyse graphologique, l'utilisateur potentiel emploiera un processus d'évaluation complexe. Il/elle recherche certains bénéfices de la graphologie. Ces gains varieront selon qu'il s'agit de recruter les bons employés, d'identifier la malhonnêteté, d'identifier le leadership, les gens d'équipe, etc.

De plus, l'utilisateur potentiel verra la graphologie non pas comme une entité isolée mais comme un "package", un résumé de plusieurs éléments. Ce "package" peut inclure le prix, la vitesse du service, la facilité de compréhension, la "qualité" du rapport et ainsi de suite. L'utilisateur donnera différents niveaux d'importance à ces différents éléments.

Finalement, l'utilisateur donnera une série de "croyances" à chacun de ces éléments. Cette somme de croyance est connu comme "l'image". Kotler (1999-1998) définit la marque de commerce comme "la somme des croyances que le consommateur retient pour une marque particulière".

Méthodologie

Pour cette recherche, le "consommateur" de services graphologiques a été divisé en neuf sous-groupes, certain sont des utilisateurs directs de services, d'autres peuvent avoir un intérêt. Les groupes sont les suivants: Le Public en général, les Gens d'affaires, les directeurs de Ressources Humaines, les Universitaires, les Psychologues, les Journalistes, les Policiers, les Hommes de Loi et finalement les Experts en Documents.

Un protocole de recherche possible aurait été de sélectionner un échantillon représentatif de chacun de ces groupes et ensuite d'administrer un questionnaire avec des composantes de l'image. Ces différentes composantes auraient pu être amalgamées dans une évaluation globale de l'image pour chacun des groupes.

Mais une approche plus économique et pratique a été désignée et appliquée pour les fins de cet article. Un questionnaire structuré a été créé et administré aux gens qui ont un intérêt pour la graphologie. Les questions demandaient aux répondants comment ils pensaient que les neufs groupes percevaient la graphologie. Une échelle de 6 points a été utilisée pour évaluer l'image, alors que 1 indique une image pauvre et 6 une image bonne. C'est connu comme l'échelle sémantique de Osgood qui est une échelle sémantique unipolaire.

L'échantillon consistait en un échantillon non-probabiliste de circonstance. Le questionnaire a été adressé aux membres de quatre groupes de discussion Internet et aux abonnés d'un périodique. Les questionnaires ont été fournis à environ 400 individus entre Octobre et Décembre 1998.

Réponses

Le nombre de questionnaires retournés a atteint le nombre de 104 qui ont tous pu être analysés. Cela nous donne un taux de réponse de 25%. Les répondants avaient une connaissance du sujet depuis plusieurs années. 87% se sont intéressés à la graphologie depuis plus de cinq années et pour plus de 75%, c'était une occupation à temps plein ou à temps partiel. Il y avait une prédominance de femmes (70%), ce qui est conforme avec les profiles trouvés chez les membres d'associations graphologiques et les participants aux conférences (Bradley 1989:18) et 85% des répondants étaient âgés de plus de 40 ans. Ces faits suggèrent que les données sur l'image sont basées sur une expérience substantielle dans le domaine. Sur le plan géographique, 28% des répondants étaient européens, 56% des U.S.A. et 16% d'autre provenance.

Le score de l'image selon les différents groupes

Le Tableau I montre un score moyen pour les répondants qui s'estimaient capable de donner leur vues sur les neufs groupes. Certains ne s'estimaient pas habilités à donner leur opinions sur certains groupes. Entre autres, les experts en documents, les policiers et les hommes de loi ne n'ont pu être scorés par un cinquième de l'échantillon. Par ailleurs, le public en général a été scoré par la majorité.

L'information du tableau suggère que la profession de graphologue a une pauvre image chez les universitaires et les psychologues mais qu'elle aurait une bonne image chez le public en général et, ce qui est intéressant, chez la police et les hommes de loi.

(n.b. du traducteur.: voir le tableau en Anglais pour avoir une meilleure idée. Le premier terme a affaire au groupe, le deuxième chiffre à la moyenne et le troisième au pourcentage de répondants qui ne savaient pas ou n'ont pas donné de score)

Tableau I - Score de l'image (1- pauvre image; 6 bonne image)

Le Public en général 3.8 4%

Les Policiers 3.5 20%

Les Hommes de lois 3.4 19%

Les Directeurs du Personnel 3.1 8%

Les Journalistes 3.1 13%

Les Experts en Documents 3.1 22%

Les Hommes d'Affaires 3.0 8%

Les Psychologues 2.6 11%

Les Universitaires 2.2 13%

Le tableau 2 est une analyse de la question qui demandait: "En vous excluant, comment pensez-vous que les graphologues sont connaissants en psychologie, graphologie, en technique de recherche, en calligraphie et en expertise d'écriture? A nouveau, le pourcentage des répondants incapables de donner une réponse montre que les items "calligraphie" et "expertise en écriture" n'étaient peut-être pas les meilleurs choix.

Tableau 2 - La perception du niveau d'éducation des Graphologues

(1 = Peu éduqués 6 = Bien éduqué)

(n.b.: le premier terme est le sujet, le deuxième est la moyenne et le troisième pourcentage est celui de ceux qui ne savant pas)

Graphologie 3.9 7%

Psychologie 2.7 7%

Calligraphie 2.6 18%

Expertise en Documents 2.4 18%

Technique de recherche 2.0 8%

De l'information du Tableau 2, il semblerait que l'échantillonnage dans son entier perçoit les graphologues comme ayant une éducation limitée sur tous les sujets, sauf sur la graphologie. Même la graphologie n'obtient qu'un score de 5 ou 6, ce qui implique que les pairs ne sont pas tenus en haute estime. La graphologie qui est souvent attaquée par les critiques qui utilisent la recherche pour supporter leurs arguments et c'était la raison pour inclure les techniques de recherches dans la question. Les résultats impliquent qu'il y aurait beaucoup de marge de manoeuvre pour l'amélioration à ce sujet.

Discussion

Cette étude n'est pas la première tentative pour commenter l'image de la graphologie. Glauco Ceccarelli, en Italie, l'a fait pendant plusieurs années avec une référence particulière pour la relation existant entre la psychologie et la graphologie (1979, 1980, 1994). Son étude de 1994 de 36 graphologues a conclus que le scepticisme et la pauvre image sont les deux problèmes auxquels fait face la profession.

Des essais sérieux ont été tentés pour mesurer l'image en Italie, en France et au Brésil, le nombre de l'échantillonnage atteignant de 20 à plus de 500 (voir Battolla 1994, Boille 1994 et Da Motta et al, 1994). Ces trois études ont mis en relief que ce ne sont pas tous les gens qui connaissent l'existence de la graphologie et de ceux qui l'ont, plusieurs se sentent incapable de faire des commentaires à son sujet. Ils ont également signalé le fait que peut-être plus de la moitié du public en général en Italie et en France considèrent que la graphologie est liée à la psychologie, soit comme une branche de la psychologie ou une technique utilisée par les psychologues. Ce même public en général a été questionné sur le futur de la graphologie. Leur perception générale était qu'elle se développerait mais qu'elle aurait de la difficulté à être acceptée sur le plan "scientifique". Un autre résultat, c'est que la graphologie et l'expertise en écriture sont souvent perçus comme étant la même chose ou très liés.

Quels sont les facteurs qui ont aidé à former l'image de la graphologie?

Il y a de nombreux déterminants de l'image. Les items suivants ont été identifiés et sont donnés comme exemples. Notez qu'ils sont des aspects reliés à l'image et non au développement historique du sujet lui-même.

(le premier élément est la date de l'événement, le deuxième est la description)

1870s Michon a proposé la "marque de commerce".

1890s L'affaire Dreyfus où l'on a utilisé l'expertise en document et la graphologie.

1930s Utilisation extensive dans le recrutement des Forces Armées Allemandes.

1940s Les Juifs qui ont fui l'Allemagne ont popularisé son étude aux USA/U.K.

1950s Intérêt des universitaires.

1980s La Graphologie est retirée de la classification des sciences occultes, de l'amusement, de la récréation, de l'astrologie (voir note 1,2)

1990s L'acceptation par certaines universités de la possibilité de décerner un diplôme de graphologue (voir note 3)

On pourrait ajouter à cette liste la publication de livres populaires sur la graphologie. Il y a aussi eu régulièrement articles sur le sujet dans les journaux, la radio et la télévision. Toutes ces activités ont attiré l'attention du public en général sur le sujet.

Une influence plus négative a aussi joué. Il y a eu quelques articles critiques. Deux exemples en sont la position critique du British Columbia Civil Liberties Association et du British Psychologicial Society (BPS). On peut débattre si ces articles ont eu une influence sur le public en général.

Une autre façon de mesurer la perception de la graphologie, c'est de consulter les manuels recommandés aux étudiants universitaires en Ressources Humaines. Dans plusieurs de ces manuels, la graphologie n'est pas mentionnée, ce qui indique une pauvre connaissance du sujet et peu de priorité. Les manuels qui le mentionnent en parlent comme d'un outil possible de sélection de personnel.

Certains manuels vont plus loin, par exemple Mullins (1999:746) se lit comme suit: "En dépit de sa popularité dans plusieurs pays européens, et une popularité croissante en Grande Bretagne, l'utilisation et la valeur de la graphologie est encore le sujet de beaucoup de scepticisme. Le graphologue toutefois rencontre rarement les candidats et est donc moins en mesure d'avoir des biais ou des préjugés sur leur personnalité ou leur habileté.

Price (1997:250) écrit: "En Grande Bretagne il y a eu une résistance marquée à son utilisation, surtout chez les psychologues. Moss (1992) l'attribue à un manque de tradition de son usage en Grande Bretagne. Récemment, toutefois, il y a eu une notable remontée d'intérêt, alimentée en partie par la publicité des consultants mais par la non satisfaction en regard des résultats des méthodes traditionnelles de sélection."

Voilà les messages qui sont adressés aux étudiants d'affaires vers la fin de 1990.

Conclusions

De ce résumé des données primaires et secondaires qui concernent l'image de la graphologie, on peut en tirer plusieurs conclusions.

1. La Graphologie n'est pas connue largement comme un nom ou un sujet d'étude.

2. Plusieurs l'associent avec l'expertise en écriture.

3. Certains l'associent avec l'Astrologie et les sciences occultes.

4. Certains la perçoivent comme "non scientifique".

5. L'usage de la graphologie est perçu comme étant en progression.


Références

Battolla, R - Risultati della ricerca realizzata in Italia (1994) Attualita Grafologica No 51 pp23-26

Boille N - Risultati della ricerca realizzata in Francia (1994) Attualita Grafologica No 51 pp27-33

Bradley NR (1989) 100 Studies in Handwriting and Related Topics (NRB Chesterfield)

Ceccarelli G - Indagine su alcuni aspetti del rapporto fra grafologia e psicologia (1979) Scrittura 29 pp21-33

Ceccarelli G - Infornazione e opinioni sulla grafologia nei non grafologi (1980) Scrittura 33 pp18-34

Ceccarelli G - L'Immagine della grafologia (1994) Attualita Grafologica No 51 pp17-22

Ceccarelli G in Scienze Umane & Grafologia N0 3 (1994) pp103-137)

Da Motta, Heloisa Lourdes A. - Risultati della ricerca realizzata in Brasile (1994) Attualita Grafologica No 51 pp34-35

Kotler P et al (1999) Principles of Marketing. 2nd European Edition (Prentice Hall Europe)

Mullins LJ (1999) Management and Organisational Behaviour (Pitman Publishing)

Price A (1997) Human Resource Management in a Business Context (International Thomson Business Press)

Notes

1 US Dept of Labor a changé la profession de Graphologue de la classification de Amusement et Récréation. La classification Dewey de la librairie du Congrès l'a changé de la classification des sciences occultes, ce qui avait été initié par Rose Matousek entre 1980-1990.

2. En Espagne, le ministère d'économie et des affaires a reclassifié la graphologie comme une occupation. Il l'a éloigné de l'Astrologie et l'a placé à côté de l'expertise en document. A été initié par Dott Josep Sadurni Selva (1992-3)

3. Le ministère de l'éducation en Italie et en Argentine permettent des degrés en Graphologie.

4. Présenté au British Graphology Symposium, Oxford, 3 septembre 1999.
Droits d'auteurs 1999, Nigel Bradley 

5. Traduction Copyright 1999 by Doris Gauthier


  italiano - espagnol - francaisDernier modification le 10 Sept 2004. Corrections to bradlen@graphology.ws  

    12 February 2002