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Par ce communiqué, nous voulons sensibiliser les graphologues à la problématique de la dénomination des espèces courantes ; l’analyse de cette situation devrait nous inviter à développer en priorité un langage technique commun. Ainsi, le résultat escompté facilitera les échanges entre les graphologues tout en améliorant la validation des analyses. Dans le cadre de la réalisation d’un projet de recherche, deux étudiants-graphologues ont choisi d’identifier les espèces courantes telles que proposées dans la littérature francophone. Considérant la multiplicité des termes utilisés, il y aurait intérêt à comparer nos résultats avec des graphologues qui n’utilisent pas le français.
L’objectif de notre recherche visait à bâtir un nouvel outil pédagogique pour le bénéfice de l’école Scriptos (rattachée au Collège Notre-Dame-de-Foy à Québec). Outre l’identification des espèces, le document contient les principales définitions fournies par les auteurs de même qu’une synthèse des interprétations. Pour chacune des espèces retenues, le document présente des exemples permettant à l’élève de visualiser la présence plus ou moins prononcée de l’espèce concernée. D’ici peu, le document complet sera publié et il est présentement utilisé dans l’enseignement à titre expérimental.
Nous n’avons pas l’intention de vous inonder ici de définitions, ni de nouvelles interprétations et ni non plus de défendre l’utilité de quelque système de cotation. Nous souhaitons plutôt identifier les embûches rencontrées au cours de notre compilation. Nous souhaitons que les graphologues chevronnés se prêtent aussi à un tel exercice plutôt que de considérer la terminologie comme une réalité incontournable.
À notre avis le développement de l’enseignement de la graphologie s’accompagne de la création de nouveaux outils d’apprentissage. C’est pourquoi, nous endossions le projet de développer un outil complémentaire d’interprétation en utilisant les clés de voûte d’auteurs français.
Nous voulions identifier des espèces couramment représentatives, à l’aide d’un inventaire des terminologies et interprétations de neuf auteurs. Nous vous fournissons, à la fin de cette présentation, la liste des auteurs choisis et les documents consultés. D’autres graphologues de valeur auraient pu, eux aussi, faire partie de notre analyse mais nous avons décidé de nous en tenir à ceux-ci, pour le moment. Dans l’intervalle, nous comptons sur la contribution d’autres graphologues pour aider et enrichir notre sélection des espèces courantes.
Avant de sélectionner les espèces les plus couramment utilisées, nous avons compilé la liste des espèces par genres, auteur par auteur. Lorsqu’un auteur identifiait un nouveau terme d’espèce, nous lui donnions une place unique afin de pouvoir trouver un autre auteur qui, lui aussi, utiliserait le même terme. Nous avons donc obtenu une grille de fréquence des différents termes employés. Le problème que nous soulevons ne concerne que la dénomination des espèces puisque la dénomination des genres demeure semblable entre les auteurs.
Si nous excluons les termes qui concernent les marges et ceux de la catégorie des signes particuliers, nous avons obtenu une liste d’environ 260 termes utilisés chacun par les auteurs choisis. Puisque tous les volumes consultés sont fréquemment utilisés, il n’y a pas lieu de discréditer le travail des auteurs ; nous voulons plutôt susciter entre les graphologues un échange aussi complet que possible pour harmoniser le langage de base des espèces génériques. Nous vous fournissons en annexe la liste des espèces courantes dans le cadre de notre document pédagogique. Considérant, par ailleurs, la notoriété des auteurs, nous avons choisi de ne pas fournir le nom des auteurs afin d’éviter d’inutiles comparaison entre eux et pour conserver au débat le niveau qu’il mérite. Par conséquent, les auteurs sont identifiés à l’aide d’une lettre de l’alphabet. Nous présentons nos résultats selon trois formats différents.
Nous reproduisons ci-dessous un échantillon des espèces mentionnées une ou deux fois seulement par quatre des auteurs choisis.
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W |
X |
Y |
Z |
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Brisée Centrifuge Dodue Ecrasée Précise Tendue |
En miroir Exagérée Ondulée Ovalisée Soulignée Tranchante |
Déguisée Illisible Légère Propre Serpentine Uniforme |
Bizarre Fragmentée Fuselée Maigre Souple
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Un certain nombre d’auteurs utilisent des termes identiques dans un certain nombre de cas alors que pour le reste, ils développent une terminologie qui leur est propre. Et il est aussi possible, pour bon nombre d’entre nous, que nous utilisions certains de ces termes dans notre pratique.
Sur les 260 termes trouvés dans les ouvrages consultés, plus de 130 ne sont mentionnés qu’une ou deux fois seulement alors qu’environ 110 termes sont utilisés par trois auteurs ou plus seulement. À peine 56 termes semblables se retrouvent chez cinq auteurs ou plus (voir tableau ci-dessous) et 37 termes communs se retrouvent chez six ou sept auteurs. Outre les espèces courantes utilisées, il nous arrive certes de recourir à d’autres espèces que celles mentionnées ci-dessus ; mais nous devons aussi reconnaître qu’il s’agit-là de situations particulières et non d’espèces courantes. L’inverse consisterait à conserver autant de termes, en d’autres mots, à ne rien changer quitte à affaiblir la comparabilité entre les analyses graphologiques
Nous reproduisons ci-dessous la liste des 56 espèces présentes chez cinq auteurs ou plus :
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GENRES |
8 fois |
7 fois |
6 fois |
5 fois |
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Ordonnance
|
|
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Claire |
Aérée Compacte Espacée Ordonnée |
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Dimension
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Grande Petite Grossissante
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Ample Basse Surélevée Serrée |
Proportionnée Disproportionnée Sobre
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Gladiolée Prolongée (haut/bas)
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Pression
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Pâteuse |
Appuyée En relief Nourrie Spasmodique |
Acérée Ferme Pression déplacée |
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Forme
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Simplifiée Filiforme |
Anguleuse Compliquée En arc En guirlande Simple |
Arrondie Calligraphique Crénelée Gonflée Jointoyée Stylisée |
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Vitesse |
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Rapide Posée |
Précipitée |
Lancée Lente |
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Inclinaison |
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Verticale |
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Direction |
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Ascendante Descendante Inclinée Renversée |
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Chevauchante |
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Continuité |
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Combinée Juxtaposée Liée |
Groupée A reprises Retouchée Saccadée |
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Au début de notre recensement, nous nous attendions à trouver un large consensus entre les auteurs quant à la dénomination des espèces. Lorsque nous avons constaté que 55 % des auteurs seulement s’entendaient pour identifier 56 espèces communes, soit 25 % de tous les termes, nous avons pris le parti de considérer que la sélection des espèces courantes devait aussi contenir les termes utilisés à trois ou quatre reprises seulement.
Au-delà des explications à consonance historique et au-delà aussi des filiations professionnelles entre les auteurs, il est curieux de constater, plus de cent ans après la naissance de la graphologie, que le taux d’harmonisation dans le vocabulaire utilisé par les graphologues de langue française soit aussi faible.
Nous reproduisons ci-dessous, quelques exemples d’espèces classées dans un genre par certains auteurs et dans un autre genre par d’autres.
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Espèces |
Nombre d’auteurs |
Genre |
Genre |
|
Claire |
6 |
Ordonnance |
Dimension |
|
Ample |
7 |
Dimension |
Forme |
|
Gladiolée |
5 |
Dimension |
Continuité |
|
Grossissante |
8 |
Dimension |
Continuité |
Constatant que certaines espèces très courantes étaient parfois classées dans deux genres différents, nous avons du choisir de les classer dans le genre qui nous semblait le plus approprié. Par ailleurs, le fait de conserver des espèces peu fréquemment mentionnées nous a permis aussi d’inclure aussi des antonymes d’espèces, dans notre liste des espèces courantes
Définie à juste titre à la fois comme une science et un art, la graphologie oublie parfois de bien situer la place de sa dualité. L’approche scientifique exigerait que deux graphologues identifient dans une même écriture au moins les trente signes les plus significatifs pour chacun d’entre eux. L’approche créative laisse aux mêmes analystes le soin de doser leur interprétation en visualisant la présence des signes tout en qualifiant leur degré de manifestation. L’identification de la chaîne logique des comportements psychologiques du scripteur devient donc l’ultime contribution du graphologue puisqu’ils conservent, tous les deux, la satisfaction d’avoir accordé une importance comparable aux éléments significatifs présents dans l’écriture analysée.
Si les graphologues reconnaissent l’intérêt collectif de partager un vocabulaire commun pour identifier les aspects standard d’une écriture, ils contribuent, à notre avis, au développement scientifique de la graphologie. La graphologie prend une place de plus en plus grande dans plusieurs domaines : que ce soit en criminologie, en psychologie, en orientation professionnelle et en éducation. Au quotidien, de nombreux graphologues collaborent aussi avec d’autres professionnels et ils partagent le résultat de leurs observations. Ces perspectives méritent l’effort d’une systématisation du vocabulaire et par conséquent d’une certaine quantification des phénomènes observés.
En dépit de nos constatations, nous reconnaissons cependant que les auteurs choisis n'appartiennent pas tous à la même école de pensée, ce qui rend plus difficile l'objectif d'harmonisation Même pour les auteurs d'inspiration jaminienne, il existe là aussi des écarts de terminologie. Nous espérons que les ouvrages en préparation apportent un nouvel éclairage sur ces différences ainsi que sur l'usage des espèces courantes et des espèces particulières.
COLO, Catherine et Jacqueline PINON, Traité de graphologie Dynamique de l’écriture, Expansion Scientifique Française, Paris, 2002.
CRÉPIEUX-JAMIN, J., ABC de la Graphologie, 7e édition, Presses Universitaires de France, 1980.
DESURVIRE, Marcelle, Les bases jaminiennes, les genres et les espèces, Feuillets de Graphologie 2, Masson, 1990.
DUMONT, Danièle, Les bases techniques de la graphologie, Delachaux et Niestlé, 1994.
FAIDEAU, Pierre et al., Dictionnaire pratique de graphologie, M.A. Éditions, 1989.
GILLE-MAISANI, Dr Jean-Charles, Psychologie de l’écriture, 2e édition, Éditions Payot, Paris, 1978.
PEUGEOT, Jacqueline, LOMBARD, Arlette et Madeleine de NOBLENS, Manuel de graphologie, 7e tirage, Masson, Paris, 1986.
TORBIDONI, Lamberto et Livio ZANIN, Graphologie Manuel théorique et pratique, traduit de l’italien par Roma Lavoie et Jean-Charles Gille-Maisani, Éditions Frison-Roche, 1993.
VELS, Augusto, Dictionnaire de Graphologie, traduit de l’espagnol par Annie Pesnel, Grancher / Masson, 1993.
Centre D'information Graphologique
Graphology Information Centre (en anglais)
Modifié le 13 December 2002. Vous pouvez apporter vos corrections et vos suggestions à ce site en m'écrivant à bradlen@graphology.ws
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