Info Center > Reading > Articles > Pairs
Questa pagina è anche in italiano This site is also in English
Au fil des ans, la graphologie a fait l'objet de nombreuses critiques. On a déploré notamment le fait que « relativement peu d'articles paraissent dans des revues savantes qui encouragent la graphologie » (Beyerstein 1992 : 192). L'auteur de cette remarque ajoute : « On trouve encore moins d'études défendant la graphologie dans des revues de haute qualité, où les articles sont soumis au processus rigoureux de l'évaluation par les pairs et où les auteurs ne doivent pas payer pour faire publier le résultat de leur recherche » (Beyerstein 1992 : 198).
Comprendre la nature du processus d'évaluation par les pairs, un processus respectant la confidentialité de ceux et celles qui y participent, peut constituer un moyen efficace d'éliminer ce genre de critiques. Les revues existantes consacrées à la graphologie peuvent très bien s'adapter à ce mode de « contrôle de la qualité ». En outre, les défenseurs de la graphologie auraient avantage à soumettre des manuscrits aux revues consacrées à d'autres disciplines que la leur, des revues que ces critiques tiennent en haute estime.
La plupart des disciplines académiques enseignées aujourd'hui bénéficient de ressources permettant à ceux et celles qui les enseignent, les étudient ou les pratiquent d'avoir accès aux tous derniers résultats de la recherche dans leur domaine. Parmi ces ressources, on compte les revues spécialisées. Avant d'être publiés, les articles soumis aux revues de « haute qualité » et « dignes de respect » font l'objet d'une évaluation par les pairs où, le plus souvent, l'identité des participants n'est pas révélée. L'éditeur de la revue envoie le manuscrit à deux ou plusieurs lecteurs et sollicite leurs commentaires. Il choisit les lecteurs en fonction de leur domaine de spécialisation. Si le sujet de l'article concerne Freud, par exemple, l'éditeur fera appel à des spécialistes de la psychologie freudienne. Si l'article est consacré aux mathématiques, il contactera des mathématiciens. Comme l'identité de l'auteur demeure secrète, ce processus d'évaluation s'effectue sur une base « anonyme ».
On demande à chacun des lecteurs de noter l'article en fonction d'une série de critères d'évaluation et à fournir des commentaires d'ordre général. L'éditeur transmettra probablement ces commentaires à l'auteur et peut lui demander de modifier son texte en conséquence. Tout au long du processus, l'identité des lecteurs ne sera pas révélée. Il peut arriver qu'un éditeur choisisse d'emblée de rejeter un article, et ce, sans le soumettre au jugement de lecteurs (il évite ainsi aux lecteurs une perte de temps inutile).
Si les lecteurs ne sont généralement pas rémunérés, plusieurs facteurs les encouragent à accepter d'accomplir cette tâche : le prestige de travailler dans son domaine, la fierté de voir son nom apparaître sur la liste d'un comité de lecture, la possibilité de recevoir un abonnement gratuit à la revue ou encore le privilège d'être mis au courant des plus récents développements dans son domaine de recherche. Dans les faits, ce sont les qualités de leadership de l'éditeur qui détermine la nature de l'équipe des lecteurs. Par conséquent, c'est de lui que dépend la crédibilité de la revue qui sera publiée.
Les rédacteurs, qui ne sont généralement pas rémunérés non plus, ont également leurs propres motivations. Selon un des principes fondamentaux qui régit le fonctionnement des institutions académiques, la qualité d'un établissement se mesure en fonction du degré de productivité de ses chercheurs. Les gouvernements subventionnent souvent les institutions dont les chercheurs publient de façon régulière. Comme n'importe qui peut publier des articles, on accordera la préférence aux articles parus dans des revues où les articles sont soumis au processus de l'évaluation par les pairs. Et, comme on peut le supposer, c'est pour éviter qu'un conflit d'intérêt ne vienne corrompre la bonne marche du processus que l'on a instauré le principe de la confidentialité.
Ce processus présente à la fois des avantages et des désavantages, dont certains sont mentionnés ci-dessus. Des éditeurs tels Carson, Baker et al (1998) ont souligné un de ses « bénéfices cachés ». Pour eux, ce processus permet aux auteurs de bénéficier de leurs conseils et fait progresser le développement d'une discipline, et ce, même si l'article n'est pas publié.
Parmi les avantages que mentionne Evans (1995), ce processus permet notamment « d'éviter les cas de plagiat, d'améliorer l'état de la recherche en s'assurant de la pertinence des sources citées et d'accroître la valeur du travail ».
Evans (1995) et, de manière plus émotive, Rotfeld (1997) ont décrit certains des désavantages de façon assez détaillée. Un de ces désavantages a trait à la durée du processus. Il faut au moins six semaines pour qu'un article ait franchi toutes les étapes. Cela sans compter les retards des lecteurs, la possibilité que l'article doive être soumis à nouveau, l'impossibilité de pouvoir le publier faute d'espace ou même encore les délais encourus par le processus même de toute publication. Ainsi, certains articles ne seront publiés qu'un an après avoir été soumis à l'éditeur.
Un autre désavantage concerne la compétence des lecteurs. Eux-mêmes peuvent commettre des erreurs de faits ou laisser leurs opinions personnelles influencer leur jugement. Les lecteurs peuvent également confondre la nature de leur tâche avec celle d'un professeur : « Ils ou elles ne doivent pas continuellement faire la leçon à l'auteur » (Rotfeld, 1997). Pour ajouter l'insulte à l'injure, « la confidentialité des lecteurs signifie que l'auteur n'a que très peu de recours » (Evans, 1995).
En dépit de tout cela, le processus d'évaluation par les pairs demeure un moyen efficace de contrôler la qualité.
Comme on enseigne la graphologie dans les universités de plusieurs pays - une tendance que l'on voudrait voir se poursuivre - il est essentiel que les éditeurs des revues de graphologie implantent le processus de l'évaluation par les pairs. Il s'agit après tout d'une norme dans les milieux académiques, une norme reconnue dans le monde entier.
Dans les faits, ceci ne devrait pas entraîner de bouleversements majeurs et, dans bien des cas, on recourt déjà à cette procédure : la plupart des colloques ou congrès de graphologie (qui engendrent de nombreuses publications d'articles) et la majorité des revues de graphologie ont un comité de lecture. Cependant, le principe selon lequel l'identité de l'auteur ne doit pas être révélée n'est pas encore bien établi. Cela dit - et c'est encore un défaut du système (même dans le cas de revues « respectables » consacrées à des disciplines autres que la graphologie) -, un lecteur peut très souvent deviner l'identité d'un l'auteur en reconnaissant son domaine de recherche et son style.
Il serait étonnant que l'implantation du processus confidentiel de l'évaluation par les pairs par des revues telles La Graphologie, Scrittura et Graphology change quoi que ce soit au nombre et à la qualité des articles soumis. En revanche, il se peut que sa mise en oeuvre attire l'attention des graphologues comme des non-graphologues sur le fait que ces revues font l'objet d'un contrôle de qualité « adéquat », « reconnu » et « officiel ». Les auteurs en bénéficieront puisque qu'ils seront avertis des étapes que leur texte doit franchir lorsqu'ils le soumettront à des revues autres que des revues de graphologie. Et, sur la route qui mène vers une plus grande reconnaissance de la graphologie, cela devra certainement se produire.
En annexe, on trouvera un formulaire conçu pour l'évaluation par les pairs d'articles consacrés à la graphologie. Les organisations sont invitées à le copier et, si nécessaire, à le modifier. L'utilisation généralisée de ce formulaire, tant pour les conférences que pour les articles, serait un atout. De cette manière, le mode de contrôle de la qualité aura été implanté avant que les connaissances en graphologie ne soient rendues publiques. Même si la décision finale reviendra toujours à l'éditeur ou à l'organisateur du colloque ou du congrès, ce processus permettra à chacun de rendre un jugement éclairé.
Avertissement ! Il serait peu prudent de soumettre des articles déjà publiés à ces critères d'évaluation puisque leur contenu peut être dépassé. En revanche, ce processus peut peut-être servir à évaluer la compétence des lecteurs potentiels, dont les candidatures seront ainsi confrontées les unes aux autres !
Il n'y a rien de bien mystérieux dans le processus de l'évaluation par les pairs fondé sur la confidentialité. La force d'un tel processus réside dans sa flexibilité lorqu'il s'agit de s'assurer que la qualité de la recherche est acceptable pour les chercheurs oeuvrant dans un domaine particulier. Comme le processus comporte certains désavantages, on peut se demander si ses défenseurs ont tort d'y croire. Après tout, comme personne ne contrôle le degré de compétence des éditeurs et des lecteurs, on peut se poser la question suivante : À quel point cette procédure est-elle véritablement impartiale ?
Beyerstein, B.L. & Beyerstein, D.F. (eds) (1992) The Write Stuff. Prometheus New York.
Carson, D., Baker, M. et al. (1998) Meet the Editors, Plenary Session to the 1998 Academy of Marketing Conference (unpublished).
Day, A. and Peters, J. (1994) Quality Indicators in Academic Publishing, Library Review Vol 43, No 7, pp.6-11.
Evans P (1995) The Peer Review Process. www/mcb/co.uk/literati/peerrev.htm
Poole, M.E. (1993) Reviewing for research excellence: expectations, procedures and outcomes, Australian Journal of Education, Vol 37, no 3, pp219-230.
Rotfeld, H. (1997). We Unequivocally Do Not Thank the @#$*& Anonymous Reviewers, Marketing Educator, 16 (Fall 1997):6 www.auburn.edu/~rotfehj/REVIEWERS.html
Smith, J. (1991) Peer Review:A Vital Ingredient, Serials Vol 4, No 2, July 1991.
1. This article was written on 20 July 1998 by Nigel Bradley. An Italian translation was made by Silvio Lena and appeared in Attualità Grafologica, 1998 (July-Sept) 17(3) Issue 68. 12-13. A French translation was made by Lise Viens in September 1998.
2. The article was prepared as a discussion paper for the Association Deontologiques de Graphologues meeting in Spain on 10 October 1998 and The International Graphological Colloquium meeting in Canada 29 October - 1 November 1998.
RAPPORT DE LECTURE (ARTICLE CONSACRÉ À LA GRAPHOLOGIE)
Titre de l'article : ______________________________________________________________
Code d'identification de l'auteur ou des auteurs : ______________________________________
Date de soumission de l'article : __________________
Date de l'envoi de l'article au lecteur : _____________
NOTES AUX LECTEURS
Question 1 : Cet article correspond-il aux buts poursuivis par la revue ou par le colloque ?
(Consulter le texte concernant la nature des objectifs)
Bon 1 2 3 4 5 6 Pauvre
Commentaires :
Question 2 : Le titre de l'article convient-il au contenu ?
Bon 1 2 3 4 5 6 Pauvre
Commentaires :
Question 3 : Originalité (assurez-vous qu'il ne s'agit pas de plagiat).
Bon 1 2 3 4 5 6 Pauvre
Commentaires :
Question 4 : Valeur de la contribution aux connaissances.
Bon 1 2 3 4 5 6 Pauvre
Commentaires :
Question 5 : L'auteur identifie-t-il ses sources de références de façon complète ?
Bon 1 2 3 4 5 6 Pauvre
Commentaires :
Question 6 : Qualité de la revue de littérature (L'auteur est-il suffisamment au courant des publications récentes dans son domaine ?)
Bon 1 2 3 4 5 6 Pauvre
Commentaires :
Question 7 : Cet article peut-il être publié tel quel ?
Bon 1 2 3 4 5 6 Pauvre
Commentaires :
Question 8 : Recommandez-vous des modifications à apporter à cet article
Oui___________ Non_____________
Commentaires :
Question 9 : À votre connaissance, cet article a-t-il déjà été publié ?
Oui___________ Non_____________
Commentaires : ________________________________________________
Code d'identification du lecteur : __________
Date de l'évaluation : _________
Graphology Information Centre - italiano - espagnol - francais - Last modified 20 Mar 2004. Corrections to bradlen@graphology.ws 15 Feb 2002
